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Comme dans beaucoup d’autres quartiers de la ville, le sable est meuble et profond. Le conducteur arque bouté sur son guidon compense du mieux qu’il peut le poids arrière de son passager. Les courbes qu’il négocie pour éviter les ornières dessinent dans le sable comme des arabesques souvent plus larges qu’il le voudrait et quelques talonnades viennent à point éviter au dernier instant la chute fatale, alors que le sable, tellement meuble rend tout contrôle de trajectoire illusoire. Mais l’accident est rare.
En ce milieu de journée, Zooh le sculpteur fait relâche avant de se remettre à l’ouvrage. Il fabrique des statuettes qui seront vendues au marché artisanal. Il les façonne jusqu’aux premiers polissages. Le vendeur a tout le temps de les finir à son étal. Comme ça, ce dernier achète les statuettes un meilleur prix et occupe son temps aux heures creuses quand le chaland est rare. Puisqu’il doit être là. En une heure de temps, Zooh va réaliser pour ses amies Clotilde et Marion deux épingles à cheveux sur un modèle qui rappelle un peu la forme des statuettes. Si l’objet est plus simple, la technique de fabrication suit le même processus. Entrons dans l’intimité de cet atelier pour voir comment un morceau de bois d’ébène devient un objet sculpté...
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